STRESS ET SYNDROME GÉNÉRAL D’ADAPTATION

QU’EST-CE QUE LE STRESS?

Historique du stress:

Le stress a été découvert par un physiologiste anglo-saxon, Henry Selye. Celui-ci a employé le terme « stress » alors qu’il complétait ses études médicales à l’Université de Montréal, dans les années 1920. Il avait remarqué que tous les patients, peu importe ce dont ils souffraient, avaient quelque chose en commun : ils avaient tous un air malade. Selon lui, ils subissaient tous un stress physique dû à la maladie.

Selye a décrit le stress comme étant une réponse normale d’adaptation de l’organisme face aux contraintes et agressions subies chaque jour dans le cadre de la vie quotidienne. Cette adaptation concerne les systèmes physiologiques de régulation et de défense, mais aussi des réactions psychologiques et comportementales.

D’après lui le syndrome de stress évolue en suivant trois stades successifs :

  1. « Réaction d’alarme » : les forces de défense sont mobilisées
  2. « Stade de résistance » : adaptation à l’agent stressant
  3. « Stade d’épuisement » : inexorablement atteint si l’agent stressant est suffisamment puissant et agit longtemps.

… et une éventuelle phase de récupération : la résilience

C’est ainsi qu’il a suggéré la première définition du stress : une contrainte non-spécifique sur le corps causée par des irrégularités dans son fonctionnement normal (non-spécifique, car n’importe quelle maladie peut causer cette contrainte). Ce stress résulte en une sécrétion d’hormones. C’est ce que Selye a défini comme le Syndrome Général d’Adaptation, c’est-à-dire, les réactions à court et à long-terme de notre corps face au stress.

C’est un phénomène essentiel à notre survie, très complexe, nécessitant la mis en œuvre de nombreux systèmes physiologiques de l’organisme qu’ils soient physiques ou psychologiques, cardiaques ou endocriniens, neurologiques ou psychologiques. Cette complexité du stress est probablement à l’origine de sa mauvaise compréhension, elle-même source de beaucoup d’erreurs dans la signification même de ce mot.

Le stress correspond aussi aux composantes de l’agression qui va enclencher cette réaction d’adaptation. Le stress est alors un agent stresseur qui peut survenir de manière aigue ou chronique, évènementielle, conjoncturelle ou structurelle, et qui peut selon les cas concerner votre vie personnelle ou votre vie professionnelle. On dit alors : « je suis stressé ».

Origines du mot stress:

Le mot « stress » a plusieurs origines et donc plusieurs significations.

Le stress vient du latin stringere qui signifie «rendre raide», «serrer», «presser».

Cette racine latine est reprise assez tôt par la langue anglaise où elle est assimilée au mot « distress », qui signifie détresse mais aussi étroitesse. C’est par ce biais qu’une extension de la signification du mot « stress » s’est faite en référence à certaines difficultés de la vie, à l’adversité et à ses conséquences.

Signification aujourd’hui:

De nos jours le terme « stress » désigne à la fois:

  • l’agent responsable du problème
  • la réaction à cet agent
  • l’état dans lequel se trouve celui qui réagit.

Ainsi nous utilisons le même terme pour parler de

  • l’agression = la cause
  • de la capacité d’adaptation face à cette agression= la réaction initiale : l’organisme s’adapte
  • des conséquences = répercussions sur la santé

Le mot « stress » est une manière de décrire toute situation que nous considérons comme dangereuse pour notre équilibre personnel, difficile à éviter voire insupportable.

« C’est le stress ! » Une formule employée pour formuler des sensations difficiles à exprimer, à dire, à expliquer. Un moyen de faire savoir que cela ne va pas très bien, sans en dire plus.

CONSÉQUENCES DE L’AGRESSION

Les conséquences d’un stress non géré peuvent être graves.

Le stress, c’est aussi les dommages directs que nous provoquons sur notre organisme si nos capacités d’adaptation sont dépassées : en incapacité de se défendre, l’organisme est exposé à de véritables dysfonctionnements.

Ce sont nos processus physiologiques internes qui sont désorganisés, notre propre équilibre qui est perturbé. Au début sans conséquences visibles, ces dysfonctionnements vont bientôt être responsables, si rien n’est fait, de problèmes de santé voire même de maladies spécifiques.

Il est donc essentiel :

  • De mesurer les agents stresseurs auxquels nous sommes exposés chaque jour
  • De mettre en place des solutions pour réduire la fréquence et l’intensité de ces agressions
  • De prévoir des activités anti-stress efficaces

Il peut être considéré comme un facteur de risque de certaines maladies d’origines multiples, dont certaines sont dites psychosomatiques, établissant ainsi un lien entre l’origine psychique et l’origine somatique.

Le lien entre le stress et la survenue de certaines maladies est établi via l’incapacité de l’organisme à faire face, à mettre en place des procédures de défense efficaces quand il est soumis à de trop fortes pressions.

La fréquence avec laquelle vous êtes soumis à des agents stresseurs et leur intensité peuvent vous conduire à dépasser vos capacités d’adaptation et alors mettre votre organisme en danger : c’est à ce moment que vous êtes exposé à la survenue de certaines maladies.

Cette fragilité souvent non prévue, que vous n’avez pas eu le temps d’anticiper, vous expose. La siège et le type de maladie qui peut alors survenir est liée à la fois au type de stress que vous subissez et à votre propre vulnérabilité, à vos propres zones de faiblesse.

LE GRAND DÉBAT

Selye a été un pionnier de la recherche sur le stress et a démontré que le stress avait un impact sur la santé. Cependant, tous les chercheurs n’étaient pas d’accord avec son idée que le stress était un phénomène non-spécifique. En effet, si toute situation non-spécifique peut entraîner un stress, cela implique que nous devrions tous éprouver un stress devant les mêmes situations. Or, ce n’est pas le cas! Ce qui nous stresse peut être très différent de ce qui stresse quelqu’un d’autre (ex.: parler en public, un rendez-vous chez le dentiste). Est-ce que ces situations peuvent être aussi stressantes qu’un stress physique intense telle une maladie? Plusieurs médecins, psychologues et chercheurs croyaient que oui.

Des chercheurs ont mené une expérience captivante dans laquelle ils ont mesuré les niveaux d’hormones de stress chez des parachutistes expérimentés.

L’idée était que sauter d’un avion devait être stressant pour tout le monde! Étrangement, leurs niveaux d’hormones de stress étaient normaux.

Ils ont ensuite mesuré les hormones de stress chez des parachutistes qui sautaient pour la première fois et chez leurs instructeurs. Ils ont trouvé une grande différence! Le jour avant le saut, les étudiants avaient des niveaux d’hormones normaux, mais les instructeurs avaient des niveaux élevés. Le jour du saut, les niveaux d’hormones des étudiants étaient élevés alors que ceux des instructeurs étaient normaux.

Ils ont alors conclu que, 24 heures avant le saut, les instructeurs anticipaient et qu’ils sécrétaient ainsi plus d’hormones parce qu’ils savaient à quoi s’attendre. Les étudiants ne pouvaient pas savoir!

Mais le jour du saut, la nouveauté et l’imprévisibilité de la situation ont stimulé la sécrétion d’hormones de stress chez les étudiants, tandis que la même situation, parce qu’elle n’est plus nouvelle ni imprévisible pour les instructeurs, ne leur a pas généré de réponse de stress.

C’est ainsi que les quatre caractéristiques qui induisent une réponse de stress chez la majorité (sinon la totalité) des gens ont été découvertes.

Depuis 30 ans, nous savons que même si la source de stress diffère pour chaque individu, il y a quelque chose de bien défini qui est responsable de la sécrétion d’hormones de stress. C’est-à-dire que pour chaque situation stressante, il y a un ensemble d’éléments communs qui provoque la sécrétion d’hormones de stress pour tout le monde.

En somme, les chercheurs ont trouvé la recette du stress : C.I.N.É.!

  • Contrôle
  • Imprévisibilité
  • Nouveauté
  • Égo menacé