APPRENDRE A S’AIMER ou COMPRENDRE POURQUOI JE NE M’AIME PAS!

 Est-ce que je m’aime?

« Aujourd’hui je m’aime », « J’apprends à m’aimer » Ce sont des titres que je lis régulièrement sur les couvertures de magasines ou sur les publicités pour club de sport ou activités de détente comme…la sophrologie 😉

Je trouve d’ailleurs l’idée très saine d’emprunter le chemin du sport, sophrologie, yoga et autres pour trouver ou retrouver l’estime de soi! Prendre conscience de son schéma corporel et lui apporter soins et attention est un excellent moyen de changer ses habitudes et ses croyances.

Pourtant je crois aussi que cela ne fait pas tout; qu’il ne s’agit là que d’une partie de l’iceberg car finalement la question fondamentale n’est pas vraiment abordée….C’est pour cette raison qu’avant de proposer à quelqu’un d’apprendre à s’aimer, je crois qu’avant toute chose il est judicieux de savoir POURQUOI il ou elle ne s’aime pas! Comprendre le comment et le pourquoi.

« De toute façon je ne m’aime pas »….je ne peux compter le nombre de fois où j’ai entendu cette fameuse phrase depuis mon enfance! Je crois que nous avons tous autour de nous des personnes qui ne s’aiment pas. Ces personnes sont véritablement dures et sévères envers elles-même. Elles s’auto-critiquent et médisent d’elles-même: « je suis une cruche », « je suis bête », « je ne vaut vraiment rien du tout », « je suis moche » etc….etc….Elles se décrivent uniquement avec un vocabulaire négatif, irrespectueux. Bien sûr ces moments de dévalorisation et d’auto-critiques sont autant de moment de souffrances et de mal-être. Le plus malheureux c’est qu’au bout d’un certain temps ces mots et expressions deviennent un pur automatisme.

Quelquefois les personnes qui ne s’aiment pas ont même honte d’elles-même ou ont peur de faire honte. Elles croient qu’elles sont moindre que les autres, qu’elles n’ont pas de valeur et que c’est comme ça que leur entourage les perçoit. Sur ce point elles n’ont pas forcément tort! J’aborderai ce sujet ci-dessous.

J’ai eu l’occasion de constater que souvent les personnes qui ne s’aiment pas vivent en fonction des autres pour les contenter. Elles connaissent leur besoins mais ne les écoutent pas. Elles finissent par consacrer leur vie à vouloir absolument correspondre à ce qu’elles croient qu’on attend d’elles. Elles agissent et vivent donc en fonction des autres. Au début les autres sont la famille, les amis, les collègues et puis si le processus n’est pas stoppé cela devient tous les gens, la société. Je vous laisse imaginer l’étendue de la souffrance… Au final, ces personnes sont complètement dissociées d’elles-même et souvent n’en sont pas conscientes.

Elles en arrivent même à rejeter l’amour de leur proches. Cet amour n’est pas compatible avec leur croyance donc elle le rejette. Idem avec leur image publique de quartier ou de ville.

Et puis arrive le phénomène de victimisation. Effectivement la plupart des personnes qui ne s’aiment pas vivent dans la croyance de se sentir victime. Victime de tout et tout le monde: du conjoint, des enfants, des voisins, du travail, de la société, du monde. Elles se sentent prisonnières et ne peuvent plus penser autrement qu’en se mettant dans la peau, dans le rôle d’une victime.

Mais alors pourquoi ces personnes en sont-elles arrivées là? Pourquoi ce mécanisme d’auto-dévaluation, de non-estime de soi, de non-amour de soi?

Toutes ces personnes qui ne s’aiment pas ont adopté cette croyance et ces automatismes parce qu’elles portent en elle une blessure profonde. L’origine de cette blessure se retrouve dans l’enfance. Elle fait partie de ces fameuses couches d’oignons dont je parle si souvent! Il peut s’agir d’humiliation, de rejet ou d’abandon. La blessure est si intense que pour réduire la douleur l’enfant qui vit cela se crée une nouvelle personnalité et devient par la même occasion ce que les autres veulent qu’il soit. L’enfant crée ainsi des masques, carapaces, coques qui servent à le protéger de la souffrance. Ce qu’il est important de comprendre, et je l’ai déjà abordé dans l’article « comprendre et communiquer avec son enfant », c’est que ces carapaces et masques ne sont utiles que temporairement. Portés toute une vie ils sont sources de mal-être car pas naturel.

Si j’ai une chose à dire par rapport à cela, c’est que vue de l’extérieur, ces personnes ne sont en fait victimes que d’elles même! Je rappelle cette règle d’or une fois de plus: je crée ce que je vis et je vis ce que j’ai créé ; tout comme un peintre crée son tableau. Ainsi, tant que je persiste à croire jour après jour que je suis une victime alors oui, je suis une victime sur mon tableau. Tant que je me persuade que je suis bête et cruche alors oui je suis bête et cruche. Tant que je me convaincs que je ne vaux rien et que les autres sont mieux que moi alors oui, c’est précisément ce que j’envoie comme message vers le monde extérieur. Et si je déclare que je ne m’aime pas comment puis-je attendre de quelqu’un qu’il m’aime? C’est le chat qui se mord la queue. Et forcément tous les jours, l’univers entier me donne la preuve que j’ai raison! Je crée mon présent, mon futur avec des mots noirs, des mots négatifs : je ne peux pas m’attendre à recevoir autre chose que du noir et du négatif!

Il y a un autre point que je souhaite souligné: j’aime à l’extérieur ce que j’ai en moi. Ainsi, lorsque je parle de quelqu’un en disant « il est vraiment sympa ce gars » en fait ce que je dis c’est  » il me ressemble ». Je crois que c’est une bonne base pour recommencer à s’aimer. « Le voisin, qu’est-ce qu’il est gentil et attentionné » autrement dit « je suis quelqu’un de gentil et attentionnée », etc…Je prends le temps de découvrir ou redécouvrir mes qualités, mes valeurs et tout ce qu’il y a de positif en moi.

Bien sûr , il est essentiel de reconnaître et d’accepter ses blessures afin de les guérir. Cela signifie:

  • devenir conscient du masque, de la coque ou carapace que j’ai créé et porté
  • accepter le fait d’avoir mis en place ce fonctionnement
  • accepter que j’ai pu ressentir tel sentiment, émotion, souffrance
  • accepter que j’ai pu en vouloir à mon père ou ma mère de m’avoir fait vivre tel événement
  • pardonner à mon père ou ma mère en prenant conscience que eux aussi étaient en souffrance
  • me pardonner d’avoir eu cette réaction
  • accepter et aimer vivre sans ces masques,coques ou carapaces

Maintenant c’est à vous de jouer ! Aimez-vous 😉

J’ai traité dans les grandes lignes le sujet car il existe quantité de subtilités.  En effet chaque être est différent du fait de son entourage, de ses rencontres et de ses expériences. J’espère toutefois que cet article apportera de la lumière à qui en aura besoin!