COMPRENDRE SON ENFANT ET COMMUNIQUER

Apprendre à communiquer et à comprendre son enfant.

De nombreux parents se sentent démunis face aux attitudes ou aux actes de leurs enfants.  Qu’il s’agisse de comportements agressifs, colériques, irrespectueux  ou d’attitudes de peurs, de tristesse, de repli sur soi, le quotidien peut devenir difficile à vivre. La situation peut même s’amplifiée lorsque l’enfant entre à l’école car ces comportements peuvent engendrer des difficultés scolaires voire l’échec scolaire.

J’entends souvent des parents dire qu’ils ne parviennent pas à comprendre leur enfant. Tout d’abord je précise que devenir parent cela s’apprend tous les jours et personne n’est parfait! La culpabilité éventuelle que ces parents peuvent ressentir ne les fait de toute façon pas avancer. La culpabilité c’est comme un marécage ou des sables mouvants: c’est une mauvaise énergie qui ne crée rien d’autre que de la stagnation.

Surtout je ne compare pas avec les autres! Tout le monde est différent. Ce qui fonctionne pour quelqu’un ou quelque chose ne fonctionne pas forcément pour moi et/ou ma famille. Et si je veux aller plus loin, je peux même dire que ce qui fonctionne avec un de mes enfants, ne fonctionne pas forcément avec un autre de mes enfants!! C’est important de le comprendre. Je reste seulement conscient que tous les jours mon enfant change, grandit et tous les jours j’essaie de m’adapter. Les actions et les comportements que nous, parents, avions mis en place et qui fonctionnaient comme sur des roulettes ne fonctionnent plus du jour au lendemain sans forcément d’explication. C’est comme ça. Alors sans cesse nous nous adaptons, nous essayons de comprendre et de trouver d’autres fonctionnements en gardant une base d’éducation bienveillante. Il faut reconnaître que tout cela demande un esprit clair et de l’énergie! D’autant plus qu’il faut compter parmi les paramètres de l’éducation l’évolution de notre société. Nous sommes nous même confrontés à un quotidien bien rempli entre le travail, les trajets, l’entretien du domicile, les courses, les repas, les activités, les soucis d’argent ou de famille, etc….Alors c’est vrai, lorsqu’un beau matin durant lequel tout se passe comme d’habitude avec nos chers fonctionnements bien huilés notre enfant nous lance à la figure « non j’ai pas envie », nous parents, on a la sensation que le sol s’ouvre sous nos pieds… C’est comme un instant figé durant lequel on prend conscience que tout d’abord la journée commence mal pour rester polie et qu’ensuite tout ce qu’on croyait acquis, huilé, fonctionnel, adapté ne vaut plus rien… Enfin nous nous projetons immédiatement sur le film quotidien du matin avec toutes les étapes que l’on doit impérativement effectuées à la minute car un seul écart fait tomber toute la ligne de dominos:  l’horaire du bus, de l’école, du travail, du rendez-vous, etc…bref, le tourbillon de notre quotidien, de notre vie.

C’est pourquoi aujourd’hui je propose de marquer une PAUSE au milieu de cet engrenage qui nous force à toujours penser à tout à l’heure, à ce soir, à demain…

Je reprends la situation. Mon enfant est face à moi et me parle de quelque chose qu’il ne veut pas, qu’il n’aime pas, qu’il a fait ou pas….

J’ai deux possibilités: lui répondre cette malheureuse phrase que j’entends si souvent: « à ton âge j’étais comme toi, j’ai pas fais tant d’histoires et je suis toujours là ».

Bien malheureuse cette phrase tant pour le parent que pour l’enfant d’ailleurs! En effet si je traduis ce que le parent dit  « Quand j’avais ton âge personne ne m’a compris et ne m’a aidé et regarde aujourd’hui ce que je suis devenu ».  Ce n’est pas la meilleure façon de communiquer avec son enfant! Je ne crois pas que celui-ci verra son problème résolu et sautera dans les bras de ses parents en souriant pour dire à quel point il se sent bien. Car la vérité, c’est que le parent qui a dit cette malheureuse phrase est devenu un adulte avec masque et carapace anti-souffrance! Je n’ai rien contre ces carapaces et ces masques, ils nous permettent de survivre en société. Seulement ce doit être temporaire, pas à vie. Car les souffrances existent toujours derrière ces coques; elles sont alimentées chaque jours à l’occasion de situations professionnelles ou personnelles. Ainsi les souffrances prennent de plus en plus de place,  grandissent et deviennent encore plus douloureuses au point qu’un beau jour le corps ne supportant plus cette charge  crie au secours au travers de maladies plus ou moins graves.

J’ai donc une deuxième possibilité!

1/Je commence par regarder qui est en face de moi: mon enfant, c’est à dire un être vivant qui n’est pas moi.

2/Ensuite, j’écoute: que me dit-il? J’entends les mots qu’il utilise en prenant conscience que mon enfant s’exprime avec une importante part de mimétisme. Autrement dit il utilise les mots et expressions qu’il a entendu. Il utilise également des mots qui résonnent en lui. Par exemple s’il est très visuel, il utilise les mots du champs lexical de la vue: « tu vois » et des expressions qui décrivent quelque chose qui se voit. S’il est plutôt à dominance auditive, il s’exprimera avec le vocabulaire en adéquation comme par exemple « tu m’entends » ou tous les mots en rapport avec des sons. S’il est à dominance kinesthésique, il utilisera des mots en rapport avec les sensations comme « ça fait mal », « ça me touche », etc…

3/ Puis je l’observe: dans une discussion  l’attitude et le positionnement du corps comptent pour 45%. Cela s’appelle la communication non verbale. Est-il en position de repli, de protection, de combat, d’écoute…

4/Enfin, j’écoute mon corps et mes émotions. Qu’est-ce que je ressens ? Quelle est mon émotion? Et pour quelle raison je ressens cela? A cause d’un mot, d’une attitude, d’un souvenir m’appartenant?

A ce moment je fais une pause très importante car je m’apprête à commettre une grosse erreur!!! Je me prépare à lui répondre en fonction de ma souffrance, de ma blessure, de ma vision des choses et de la vie. Seulement mon enfant n’est pas moi. De plus, en faisant cela je vais continuer à alimenter ses propres croyances, souffrances et blessures. Maintenant que j’ai compris mon erreur, je mets de côté mes couches d’oignons pour le moment: voir  http://www.sophrologie-savoie.fr/2017/08/14/nos-souvenirs-negatifs-consequence-futur/ et je poursuis.

5/ En utilisant le vocabulaire adapté à mon enfant (visuel, auditif , kinesthésique) je lui demande  ce qu’il ressent au plus profond de lui:  de la colère, de la tristesse, de la solitude, de la non compréhension, du rejet, de l’injustice…etc… et je cesse de traduire ses réponses au travers de mes propre filtres de blessures et souffrances. Mon enfant peut me raconter ce qui se passe et s’il ne le souhaite pas vous pouvez lui proposer l’écoute d’une autre personne. Ce n’est pas grave. Le principal c’est de comprendre que votre enfant a besoin d’évacuer une émotion, une blessure, une souffrance qu’il porte en lui. Lorsque j’arrive à ce stade d’écoute, je peux apporter à mon enfant du réconfort, de l’affection, de l’encouragement et la sensation d’être compris, non isolé. Rapidement vous vous apercevrez que l’histoire des chaussures que votre enfant ne veut pas mettre le matin avant d’aller à l’école et qui s’est terminée en dispute est directement liée à un problème qu’il a rencontré et qui a alimenté sa blessure: appel au secours non entendu, peur, humiliation, rejet….